Quid de la comptabilité analytique au sein des ONG en Afrique subsaharienne

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© The Conversation | Nathanaël Congo | March 28, 2018 12.23am SAST

Le cas emblématique du Burkina Faso

Selon une étude du Secrétariat permanent des ONG , 196 ONG auraient investi plus de 165 milliards de francs CFA entre 2004 et 2009 et 23 ONG ont employé plus de 1 300 personnes au Burkina avec une masse salariale annuelle de plus de 1 milliard de francs CFA.

  • Comment expliquer ce paradoxe ?
  • Quelles peuvent en être les implications économiques, organisationnelles et managériales ?

De la sous-utilisation de la comptabilité analytique au sein des ONG

Cet article se propose d’aborder ces deux questions et ce paradoxe sur la base d’une étude menée auprès de 10 ONG majeures et de 7 firmes d’expertise comptable présentes au Burkina Faso. Dans cette étude, ancrée sur le territoire africain et confronté à ses spécificités, nous adoptons surtout la posture de la régulation autonome. Il s’agit en effet de rendre l’usage de la comptabilité analytique « possible » aux ONG quand bien même elle fut conçue à l’origine pour les entreprises marchandes industrielles et occidentales. Nous pouvons souligner en préambule que le cadre réglementaire africain en général et burkinabé en particulier est quasi muet sur la comptabilité des ONG.

Par exemple, le nouveau droit comptable OHADA qui est sensé constituer le référentiel conceptuel de la comptabilité dans cette partie du monde, exclut les ONG de son champ d’application en son article 5. Nous pouvons aussi mettre en avant que les lois nationales restent lapidaires et évasives sur la question d’organisation comptable des ONG.

Des outils de gestion conçus à l’origine sous le prisme de l’économie marchande

Prenons l’exemple de la méthode Activity Based Costing qui, dans sa logique d’intégration de liens de causalité entre facteurs de coûts et objet de coûts, se rapprocherait davantage de l’univers des ONG. Cependant, son approche consistant à diviser l’organisation en « activités » semble difficile à implanter dans un contexte de double division a priori en projets Vs département fonctionnels. De plus, son coût élevé de mise en œuvre paraît peu adapté à une économie non marchande.

Nous abordons ici les conséquences de cette faible utilisation de la comptabilité analytique dans l’écosystème des ONG

Notons qu’environ 25 % des charges des ONG risquent le rejet face des donateurs. Il s’agit notamment de deux donateurs majeurs que sont l’Union européenne – qui déjà concentre énormément ses aides – et de l’agence américaine pour le développement international . Notons que les donateurs et autres philanthropes disposent également d’outils, de méthodes et d’études visant à analyser l’efficience des ONG et donc la rentabilité de leurs dons.

  • L’Union européenne par exemple indique aux bénéficiaires de fonds européens destinés aux actions extérieurs qu’ils doivent être identifiables et vérifiables.


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