Pourquoi la France s’est retirée de la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire

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© Laurence Caramel | LE MONDE Le 12.02.2018 à 18h10 • Mis à jour le 13.02.2018 à 09h11

Décision courageuse du gouvernement

La NASAN est accusée de favoriser

  • les géants du négoce de matières premières
  • les leaders du secteur semencier
  • de priver les États africains de recettes fiscales en attirant les investisseurs à coups d’exonération de taxes
  • de mettre en péril les droits fonciers des paysans
  • et, finalement, de ne pas améliorer la situation des populations rurales les plus pauvres.

  • L’Allemagne et le Royaume-Uni sont en train de mener leurs propres évaluations. De son côté, l’Union africaine qui devait seule prendre en charge le pilotage de l’initiative semble avoir du mal à assurer sa fonction. Aucune réunion n’a été organisée depuis 2016.
  • Les parlementaires européens, eux, avaient déjà tranché en votant une résolution le 7 juin 2016 demandant de cesser tout nouveau soutien à la NASAN avant d’en faire une évaluation.

    Pourquoi la France s’est retirée de la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire

    Décryptage L’initiative lancée en 2012 pour soutenir l’agriculture africaine est accusée de favoriser les multinationales et l’accaparement des terres. Lire aussi : Après une longue période de recul, la faim progresse dans le monde Mais plus de cinq ans après son lancement, les résultats ne sont pas au rendez- vous.





La NASAN en Afrique, une menace pour la sécurité alimentaire
© CCFD-Terre Solidaire | Publié le 03.06.2015 • Mis à jour le 17.02.2016

+ Resoomer | résumeur

Nous, mouvements sociaux, organisations populaires et organisations de la société civile engagés pour la défense de la souveraineté alimentaire et du droit à l’alimentation en Afrique, nous sommes réuni-e-s au Forum Social Mondial de Tunis en mars 2015 pour travailler sur la Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition du G7. Des organisations et mouvements sociaux africains ont partagé leurs expériences et leurs analyses concernant les impacts de la Nouvelle Alliance dans leurs pays, et des participants du monde entier ont décidé de les rejoindre dans leur lutte contre ce qui constitue une véritable menace à la sécurité alimentaire et à l’agro-écologie. Ce n’est que par la mobilisation de ceux déjà impliqués dans la production vivrière qu’il sera possible de régler le problème de l’insécurité alimentaire et de la faim. C’est pourquoi il est fondamental de promouvoir des systèmes agricoles fondés sur les droits humains et la souveraineté alimentaire, qui permettent un contrôle local des ressources naturelles, des semences, de la terre, de l’eau, des forêts, mais aussi des savoir-faire et des technologies.

Un faible impact sur la nutrition

La « Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition » du G8 constitue l’une des illustrations les plus alarmantes de cette tendance. Lancée en 2012 par le G8, et développée dans dix pays africains, la Nouvelle alliance, dans la droite lignée d’initiatives similaires telles qu’AGRA et GROW Africa, est basée sur l’hypothèse simpliste selon laquelle l’investissement des entreprises dans l’agriculture va accroître la production, améliorant de manière automatique la situation de la sécurité alimentaire et de la nutrition tout en réduisant la pauvreté. Cette logique néglige totalement le fait que la sécurité alimentaire et nutritionnelle est fondée sur un accès constant à des régimes alimentaires et nutritionnels diversifiés qui ne peut pas atteint par une simple augmentation de la production alimentaire.

Les principaux concernés non consultés

Malgré le manque de transparence qui caractérise la mise en œuvre de la Nouvelle Alliance, les expériences de terrain et les études de cas confirment que les politiques promues par la Nouvelle Alliance favorisent les accaparements de terre et d’autres ressources naturelles, fragilisant encore plus les paysannes et paysans, tout en sapant le droit à une alimentation et une nutrition adéquates. Les accords-cadres de coopération de la Nouvelle Alliance ont été rédigés à la hâte autour de la simple promesse d’une initiative « libérant le pouvoir du secteur privé », sans considération des risques pour les paysannes et paysans et les autres groupes marginalisés.

Des accords qui bénéficient d’abord aux multinationales

L’adoption, par des pays africains, des engagements contenus dans la Nouvelle Alliance permet aux entreprises développant des activités de bénéficier d’assouplissements du contrôle des exportations…



La NASAN en Afrique, une menace pour la sécurité alimentaire

Au moment où les pays du G7 se réunissent, des organisations de la société civile du monde entier alertent sur le contenu de la Nouvelle Alliance du G7 pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition en Afrique (NASAN) et lancent un appel à leurs gouvernements txt_quote_double_openNous, mouvements sociaux, organisations populaires