Mali : le fleuve Niger devenu un vaste égout collectif

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© Martin Mateso@GeopolisAfrique | Publié le 24/03/2018 à 11H37

GeopolisAfrique | Fleuve Niger

La Banque mondiale au chevet du fleuve Niger devenu un «vaste égout collectif»

La Banque mondiale vient de marquer le coup en approuvant un projet de réhabilitation de ce fleuve dans sa partie malienne. Le projet approuvé par la Banque mondiale sera financé à hauteur de 27,8 millions de dollars. Il s’agit de restaurer l’environnement le long du fleuve Niger et d’améliorer les moyens de subsistance pour les millions de personnes dont la survie est en jeu. Il est prévu notamment des opérations de dragage de sable qui menace la navigation de plus en plus compromise.

Une biodiversité unique au monde

A la tribune de la COP21 qui s’est réunie à Paris en novembre 2015, le président malien Ibrahim Babakar Keita avait tiré la sonnette d’alarme et lancé un appel à la solidarité internationale pour sauver le fleuve Niger. «Véritable sève nourricière de notre pays qu’il arrose sur 1700 km du Sud au Nord, il permet de transporter, de nourrir et d’abreuver des millions de personnes sur son parcours.

  • C’est ce trésor qui se dégrade littéralement, en cédant sa place, peu à peu, à la désertification, à l’ensablement et à l’assèchement de son lit», avait plaidé le chef de l’Etat malien.
  • Toutes les activités socio-économiques du pays sont liées à la bonne santé de ce fleuve, transformé aujourd’hui «en vaste égout collectif», comme le décrit le Directeur général de l’Agence du Bassin du fleuve Niger, Abdourahmane Oumarou Touré.

La pollution et l’ensablement

Le mercure est devenu une marchandise ordinaire. Il n’y a aucun contrôle pour l’utilisation de ce produit très nuisible pour la santé, s’alarme régulièrement la presse malienne. Vient s’y ajouter l’ensablement du fleuve lié à l’avancée du désert et qui est à l’origine des inondations cycliques redoutées par les populations.

  • «A certains endroits, on peut traverser le fleuve à pied, alors que c’était inimaginable dans le passé», témoignent des riverains.

Les Maliens s’inquiètent et se mobilisent

En 2016, une étude menée par une entreprise hollandaise évaluait à 900 millions de m3, les déchets enfouis dans le lit du fleuve Niger, couvert à certains endroits par des plantes aquatiques dont la progression inquiète les riverains. C’est dire l’espoir suscité à Bamako par le projet de réhabilitation du fleuve qui a été approuvé par la Banque mondiale le 13 mars 2018.

  • Dans la capitale malienne, une association dénommée Sauvons le fleuve Niger a vu le jour en 2017.
  • Tous ces volontaires veulent prendre une part active aux activités de désensablement du fleuve Niger pour qu’il coule plus librement.


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