Le Droit et la Morale : la haine

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© huffingtonpost | Alain Jakubowicz – Avocat et président de la Licra | 23/04/2018 17:16 CEST | Actualisé il y a 2 heures

Mon appel pour que face au déferlement de haine sur Internet, chacun prenne enfin ses responsabilités.
  • Une longue expérience m’a confirmé dans l’idée que les mots, hélas, ne sont jamais seulement des mots.

Tous les jours des hommes et des femmes sont menacés de mort sur les réseaux sociaux pour avoir exprimé une opinion, sans que cela émeuve grand monde. Les auteurs de ces menaces se dissimulent sous des pseudos qui leur assurent anonymat et impunité et les victimes feignent l’indifférence pour ne pas en rajouter et protéger leurs proches. Il y a quelques jours, Bernard-Henri Levy, comme d’autres, a fait connaître son avis sur l’action militaire conjointe menée par la France, les États-Unis et la Grande Bretagne contre les arsenaux d’armes chimiques de Bachar El Assad. On peut juger ces messages ? insignifiants.

On n’est pas obligé de partager l’avis de BHL.

  • On n’est d’ailleurs pas obligé de le lire non plus.
  • Mais quel que soit cet avis, il ne saurait justifier le florilège insupportable de menaces et d’incitations au meurtre, souvent terriblement explicites et graphiques, que je prends l’initiative de reproduire ci-dessous, tant il m’a horrifié.

Les mots peuvent, disait un grand poète français, avoir le poids d’une bombe. Ils pourraient le faire sans y être contraints, mais ils ne le veulent pas et ne font rien.

Jusqu’à quand ?

Si, ce qu’à Dieu ne plaise, un drame devait survenir, les grandes manifestations qui ne manqueraient pas d’être organisées en même temps que le non moins grand débat qui aurait lieu à l’Assemblée Nationale en préambule à l’adoption de la loi à l’unanimité, ne masqueraient pas les responsabilités de celles et ceux qui auraient pu prévenir ce drame et qui ne l’auront pas fait.


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