Comment les arbres peuvent sauver le monde

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© Usbek & Rica @ Vincent Lucchese | 18/04/2018 | ✎ saharasahelfoods | Josef Garvi

L’appel vient du directeur général de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture , José Graziano da Silva, et a été lancé le 5 avril en clôture du 2 Symposium international sur l’agroécologie. Présent sur place, le ministre français de l’Agriculture Stéphane Travers a joué les bons élèves en promettant de « multiplier par dix » le nombre d’exploitations engagées dans l’agroécologie.

S’inspirer de la nature

Le concours « Arbres d’Avenir » récompense pour sa seconde édition 25 agriculteurs engagés en France dans l’agroforesterie. Et va leur permettre de planter quelques 50 000 arbres. Organisé par PUR Projet, Fermes d’Avenir, Blue Bees, AccorHotels et CDC Biodiversité, le concours permet également aux lauréats de se partager une dotation de 250 000 euros. On a profité de l’occasion pour échanger avec Pierric Jammes, directeur général et co-fondateur de PUR Projet, entreprise sociale qui accompagne les entreprises dans l’engagement pour le climat et la lutte contre la déforestation.

Ses racines vont les puiser plus profondément, les redistribuent par la décomposition des racines, la chute des feuilles et l’arbre enrichit le sol en créant une litière végétale. La biodiversité y est surtout plus forte si on mélange des espèces d’arbres, car il ne s’agit pas de passer de monocultures à une forme de biculture, il faut aussi une biodiversité de l’habitat.

« Cette biodiversité est essentielle pour la résilience des systèmes agricoles »

Apporter des prédateurs naturels permet de contrôler certains ravageurs qui feraient sinon énormément de dégâts en monoculture. On ne peut pas retrouver cet équilibre en agriculture, mais on peut essayer de s’en approcher. L’érosion des sols est absolument phénoménale, y compris en France. On ne le voit pas car il y a des cultures par-dessus mais on les fait pousser sur du désert, sur une terre stérile, grâce à des produits chimiques.

Il faut envisager l’agroforesterie à l’échelle du territoire ou d’un bassin-versant. Des haies ou des rangées d’arbres ou des zones boisées permettent de stabiliser le sol, aussi bien autour des parcelles qu’à l’intérieur.

« Transformer l’ensemble des parcelles agricoles en agroforesterie pourrait être une solution pour régler le problème climatique »

On connaît aussi l’effet épurateur des arbres, très utile pour filtrer l’eau. C’est pourquoi on place des rangées d’arbres le long des cours d’eau pour pomper les excès d’engrais , de phosphates et de nitrates qui partent avec l’écoulement superficiel ou interne des sols. Il y a aussi une bioaccumulation de métaux lourds possible dans les arbres, qu’il ne pourra pas forcément dégrader, mais qu’il permet au moins de stocker sur une longue période. Elle est absorbée, réduit le risque d’inondation lors de fortes pluies et permet de maintenir un sol plus longtemps humide lors de saisons sèches.

À condition bien sûr de planter un arbre adapté à l’écosystème, pour restaurer le bon équilibre. Si l’on plante un eucalyptus dans le désert, il va forcément pomper trop d’eau et déséquilibrer le milieu.

<a href="https://s3-eu-west-1.amazonaws.com/usb-prd-upload/images/thumb_840xh/5ad757747d81c.png">Infographie du ministère de l'agriculture sur l'agroforesterie</a>


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