Mali : l’intégration des ex-rebelles est une question « résolue », affirme le Premier ministre

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© Baba Ahmed JeuneAfrique | 20 avril 2018 à 18h52

Dans un discours de 20 pages, le Premier ministre malien Soumeylou Boubeye Maïga, nommé le 30 décembre dernier, a passé en revue les grands axes de la politique du gouvernement devant les députés de l’Assemblée nationale, vendredi 20 avril. Concernant ce premier dossier, l’accord de paix stipule en effet la réinsertion des ex-rebelles soit dans l’armée malienne – en leur octroyant des grades, des postes de commandement, etc. -, soit dans la vie civile, en leur créant des activités génératrices de revenus leur permettant de reprendre leur vie civile.

Le redéploiement des forces armées bientôt effectif

Soumeylou Boubeye Maïga a déclaré que la question des anciens combattants était désormais résolue. « Nous avons résolu une question qui a longtemps fait débat. En effet, le consensus a été obtenu sur les critères d’intégration dans les différents corps [armés, ndlr] et sur les principes d’éligibilité au programme de réinsertion », a ainsi annoncé le Premier ministre malien.

Le gouvernement malien a réservé 22 % du budget de l’État à la Défense et à la Sécurité

Le volet Désarmement, démobilisation et réinsertion , qui concernait initialement seulement les groupes armés signataires de l’accord de paix, sera élargi « aux groupes armés non-signataires de l’accord », ainsi qu’aux « éléments de groupes d’autodéfense qui renoncent à la violence », a souligné le Premier ministre malien. Il a également annoncé qu’un processus de dialogue et d’apaisement a été entamé depuis le mois de février dernier entre le gouvernement malien et les groupes armés dans le Centre. Le gouvernement malien a ainsi réservé 22 % du budget de l’État à la Défense et à la Sécurité.

  • « Les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les crimes sexuels et tout autre crime réputé imprescriptible sont exclus du champ d’application du texte », a précisé le Premier ministre.

Concernant le fonctionnement des autorités intérimaires et des Collèges transitoires prévus par l’accord de paix, le Premier ministre malien a annoncé le transfère de 30 % des compétences et des ressources de l’État aux collectivités territoriales, d’ici la fin 2018.

Carte d’électeur avec photo

Le second dossier très attendu concernait l’organisation des élections présidentielles prévues le 29 juillet prochain. Le Premier ministre malien a annoncé l’introduction des cartes d’électeur avec photo, qui remplaceront désormais les cartes Nina , utilisées depuis 2013. Les cartes Nina pourront cependant être utilisées dans les zones où les cartes n’auront pas pu être distribuées. Au lieu des 100 électeurs nécessaires à l’ouverture d’un bureau de vote dans une circonscription, il sera possible d’en ouvrir un dès 50 électeurs.

« Ces innovations doivent rassurer aussi bien les électeurs que les compétiteurs », espère Soumeylou Boubeye Maïga. La séance de ce vendredi a été suspendue et reprendra lundi 23 avril avec les traditionnelles questions-réponses. Une séance qui devrait être une formalité pour le Premier ministre malien, puisque l’Assemblée nationale a validé ce jeudi 19 avril la loi électorale proposée par le gouvernement avec 93 voix pour, 2 contres et 18 abstentions.


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