Mali: des dizaines de civils touareg tués par des jihadistes présumés

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© SlateAfrique | mis à jour le 28/04/2018 à 20:31

Une flambée des tensions intercommunautaires ?

Plusieurs dizaines de civils touareg, dont des personnes âgées, des femmes et des enfants, ont été tués en 24 heures par des jihadistes présumés dans le nord-est du Mali, à la frontière avec le Niger, faisant craindre une flambée des tensions intercommunautaires. Ces tueries se sont produites dans une zone où des jihadistes ayant prêté allégeance au groupe Etat islamique ont récemment subi de lourdes pertes face à la force française Barkhane et à l’armée malienne, souvent appuyées par deux groupes armés principalement touareg, le Gatia et le MSA. Les forces maliennes et françaises ont intensifié leur pression sur les groupes jihadistes ces derniers mois en vue de l’élection présidentielle du 29 juillet. Nos combattants sont en train de détruire leurs bases et les anéantir.

Des représailles sur des civils ?

Ils viennent s’en prendre gratuitement aux civils innocents. Ces tueries seraient elles des représailles des jihadistes aux coups notamment du Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés , et du Mouvement pour le salut de l’Azawad ?

  • Il y a plusieurs versions, mais je sais que des femmes et des enfants sont parmi les victimes, des vieilles personnes aussi, mais le chiffre exact je ne saurais le dire sans le retour de mes missionnaires, a-t-on précisé à l’AFP. La population de la région s’attendait à des représailles des jihadistes à la suite de leurs récents revers, mais personne ne pouvait imaginer qu’ils allaient tuer de cette manière des civils aux mains nues, a indiqué un notable de Menaka, Attaye Ag Ossadki.
  • L’état-major français a annoncé la mort d’une trentaine de jihadistes dans cette zone frontalière lors d’une confrontation le 1er avril avec des commandos parachutistes de Barkhane et de l’armée malienne, en liaison avec les forces armées nigériennes et accompagnés par un groupe d’autodéfense local.

Le flou sur les acteurs de ces massacres

La Coordination des mouvements de l’Azawad a déploré samedi dans un communiqué txt_quote_double_openune recrudescence de violences dans la région de Menaka touchant très généralement des populations civilestxt_quote_double_close. Elle dénonce les txt_quote_double_openactes abominables et inhumains commis jeudi et vendredi et exhorte l’ensemble des mouvements politico-militaires présents dans la région à s’unir afin de les prévenir et qu’aucun civil ne se sente en insécurité à cause de son appartenance à une quelconque communauté.

  • La Mission de l’ONU au Mali a indiqué le 12 avril avoir reçu des informations d’une particulière gravité faisant état notamment txt_quote_double_opend’exécutions sommaires d’au moins 95 personnestxt_quote_double_close lors d’opérations antijihadistes menées dans la région de Menaka depuis février par une coalition de groupes armés, dont le Gatia et le MSA. Les deux groupes, déjà accusés auparavant d’exactions envers les Peuls, souvent opposés par le passé aux Touareg pour des questions de pâturages et de points d’eau, avaient rejeté des allégations scandaleuses et honteuses.

Depuis le lancement en 2013 d’une intervention militaire française, les groupes jihadistes ont été dispersés et en grande partie chassés du nord du Mali, dont ils avaient pris le contrôle en mars-avril 2012.


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