Mali - S’unir pour sauver le Mali

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© maliweb.net | Mahamadou Camara | Info-Matin – 7 Avr 2018

Tribune

Le Mali victime des incohérences de la guerre en Lybie.

L’Accord de Tamanrasset signé précipitamment en 2006 dans des circonstances mal comprises s’est révélé inapplicable. Suite au bombardement de la Libye par les forces de l’OTAN, les mouvements armés ont pu regagner le Mali avec armes et bagages, aggravant le chaos dans le nord finalement abandonné aux narcotrafiquants. Le président français Nicolas Sarkozy, après avoir jeté son dévolu sur les mouvements rebelles à qui il demande de lâcher le leader libyen contre un territoire à eux dans le nord du Mali, va manœuvrer pour faire du Burkina Faso de Blaise Compaoré leur base opérationnelle de repli. D’autres raisons plus personnelles ont été évoquées pour expliquer l’empressement de Sarkozy à le faire taire.

Il a été traqué comme une bête et livré à la vindicte populaire, mais de telles armes n’ont jamais été trouvées en Irak. Le même scénario a été reconduit en Libye où Kadhafi est d’abord accusé d’utiliser des avions de guerre contre ses propres populations. Pourchassé et tué en plein désert, son corps sera exposé dans un supermarché. On sait aujourd’hui que les deux seuls avions qui avaient décollé de Tripoli, ont été conduits à Malte pour les mettre à l’abri.

Compter sur le génie du peuple pour sauver le pays

Les pays n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts. La France a toujours soutenu les pouvoirs en place en ménageant l’opposition et en se servant des rébellions pour équilibrer les ardeurs et les comptes. La guerre est devenue pour l’Occident une entreprise rentable permettant de faire tourner son économie. Outre la vente d’armes, on y assure une présence militaire pour protéger des débouchés et des marchés.

Elle a un prix que le Mali va payer et il s’agit à présent d’en limiter l’impact. En affirmant qu’il n’est pas un président fantoche prêt à brader les intérêts de son pays, IBK s’était placé dans l’œil du cyclone. On avait alors mis en branle la presse d’intox et certaines officines spécialisées pour l’affaiblir avec les affaires Tomi, achats d’avion et autres équipements militaires. Obnubilés par le pouvoir et incapables de tenir une position cohérente et crédible, ils ne sont en réalité d’accord que sur leur propre désaccord, vivant essentiellement sur les réseaux sociaux, sans emprise réelle sur le Mali profond.

La société civile est à l’heure de la réflexion constructive et des propositions, prenant de plus en plus ouvertement part au débat au risque de heurter certaines sensibilités politiques. Elle le fait devant l’incurie des politiciens qui ont choisi d’enjamber ses angoisses…