Mali : Opinion : Vaincre la corruption est possible

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©Kandioura | bamada.net 11/04/2018


Le président Donald Trump s’apprête à déployer l’armée américaine le long de la frontière sud de son pays pour intercepter et refouler les migrants clandestins venant du Mexique. Cette caravane est la traduction en fait concret du ras le bol général et de l’impuissance ressentis par les populations de cette partie du monde face à la corruption qui gangrène leurs pays. Ce sentiment est largement partagé par les populations du reste du monde, en particulier les populations africaines. Dans le cas spécifique du Mali, la frustration et l’exaspération des populations face au fléau de la corruption se manifestent de plus en plus par l’émergence de mouvements comme le CDR du jeune activiste Mohamed Youssouf Bathily, connu sous le nom de Rasbath.

Ce mouvement, sans doute le plus populaire de tous les mouvements anti-corruption dans notre pays, surfe sur la vague de frustration, d’exaspération, et même d’indignation suscitée par l’échec de toutes les politiques mises en œuvre pour combattre la corruption dans notre pays au cours des cinquante dernières années. Aucune des lois adoptées, aucun des organes créés n’ont permis de réduire, encore moins d’éradiquer le phénomène de la corruption dans notre pays. Parallèlement à ce sentiment de frustration répandu subsiste la réalité de nos comportements de tous les jours, qui alimentent et attisent la corruption dans notre pays. Nos populations, dans leur écrasante majorité pour ne pas dire leur totalité, sont tout aussi corrompues que les régimes qu’elles décrient tant, comme on a pu le voir avec le fiasco de la loi sur l’enrichissement illicite.

Cette loi, sans être parfaite, offrait une opportunité réelle à notre pays de réduire de manière significative la corruption dans notre administration publique, ce qui aurait eu des répercussions positives sur tous les secteurs de notre économie. Si la population et les organisations de la société civile telles que le CDR, dont le principal cheval de bataille est justement la lutte contre la corruption, et les partis politiques qui dénoncent régulièrement la corruption du régime en place, s’étaient mobilisés comme ils avaient su le faire contre la réforme constitutionnelle au sein de la plateforme ‘an tè a bana’, la loi sur l’enrichissement illicite serait en vigueur aujourd’hui et l’Office Central de Lutte contre l’Enrichissement Illicite serait effectif dans notre pays.

  • Tenter de combattre la corruption avec ces moyens classiques reviendrait à dépendre de notre confiance en l’intégrité morale et au patriotisme de ceux qui ont la charge des affaires publiques.
  • Or, si tout le monde dénonce et critique systématiquement la corruption dans notre pays, personne n’est vraiment de voir la fin du système en place, chacun en profitant ou étant convaincu qu’il peut en profiter.