Sénégal: des crimes rituels d'enfants «pour remporter la Coupe du monde 2018»

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© Martin Mateso@GeopolisAfrique | Publié le 19/04/2018 à 12H08, mis à jour le 19/04/2018 à 13H02

Eclairage

Une marche avec des enfants a été organisée le 24 mars 2018 à Dakar par une association de la société civile sénégalaise pour dénoncer les enlèvements et les crimes qui provoquent la psychose dans le pays depuis le début 2018. Un petit garçon disparu pendant quatre jours et retrouvé mort dans la région de Kédougou. Il s’est confié à Géopolis Afrique. Ses parents avaient perdu sa trace pendant quatre jours.

Le corps meurtri du petit garçon a été retrouvé à quatre kilomètres de son village, amputé à hauteur de son poignet gauche. Le 19 mars 2018, c’est un autre garçonnet, âgé d’à peine deux ans, qui a été retrouvé mort à Rufisque, près de Dakar. Le petit Falou avait disparu depuis cinq jours, alors qu’il jouait avec sa sœur jumelle devant la maison familiale. C’est ce qui est arrivé à une fillette de 8 ans le 24 février 2018.

Les recherches permettront de découvrir plus tard son corps emballé dans un sac en plastique. Les analyses révèleront qu’elle a été violée avant d’être tuée, indique l’agence de presse africaine .

«Contenter les forces obscures pour gagner la Coupe du monde»

Choqué comme ses compatriotes, le sociologue Mamadou Moustapha Wone explique à Géopolis que le phénomène a atteint un cap encore jamais franchi. Il est persuadé qu’on a affaire à des crimes rituels. «Ce phénomène est lié à deux événements qui pointent leur nez dans quelques mois. Des gens pensent qu’en essayant de contenter les forces obscures, on peut gagner certaines causes comme la Coupe du monde.

Des gens croient qu’on peut sacrifier des êtres vulnérables comme des enfants, des albinos, des aveugles ou des vieillards. » .

«Egorgés par des politiciens sans scrupules pour un strapontin»

Il se souvient que le scrutin organisé en 2012 avait déjà donné lieu à des crimes rituels d’enfants. «Des sacrifices humains peuvent-ils permettre à un candidat de gagner un poste électoral?», s’interroge le site d’information Senepeople. Notre confrère rappelle l’histoire de tous ces garçons et filles «égorgés par les politiciens sans scrupules» dont le seul souci est d’occuper un strapontin qui lui permettra de puiser à fond dans l’argent du pauvre contribuable.

«Il y a un marché d’enfants» exposés aux prédateurs

Au Sénégal, certains n’hésitent pas à mettre en cause la responsabilité de l’Etat dans ce drame. C’est le cas du psychologue Serigne Mor Mbaye qui déplore le fait que 40.000 enfants communément appelés Talibés vivent dans la rue où ils s’adonnent à la mendicité, exposés à n’importe quel prédateur. «Il ne faut pas se voiler la face, il y a beaucoup d’enfants dans la rue au Sénégal. Ici au Sénégal, faire travailler un enfant n’est pas un problème, tout comme le faire mendier.

Il faut reconnaître que la cause de l’enfant n’est pas considérée comme une cause nationale», regrette-t-il. Des Sénégalais sont descendus dans la rue à Dakar fin mars pour réclamer la protection des enfants menacés par les crimes rituels.


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