Pourquoi ça nous fait mal de voir les autres souffrir

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L’empathie

Le cerveau humain traite l’empathie – cette faculté à comprendre la douleur d’une autre personne
– de la même manière que l’expérience de la douleur physique. C’est la conclusion d’un article qui a particulièrement examiné le ressenti de personnes qui en voient d’autres souffrir.
L’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle est l’un des outils utilisés par les chercheurs pour comprendre comment notre cerveau traite l’empathie. Les auteurs ont donc choisi une nouvelle approche.
L’étude repose sur deux expérimentations impliquant au total 150 personnes – un nombre inhabituellement élevé pour ce genre de travail.

Faux comprimé antidouleur

Chacun des participants a reçu un comprimé, qu’on leur a décrit comme étant un antidouleur sans prescription médicale, mais autorisé, d’un coût élevé et très efficace. Cependant, dans la réalité, aucun volontaire n’a reçu d’antidouleur puisque le comprimé était un placebo. De cette façon, ils ne pouvaient pas se douter d’un possible effet inhibiteur. Certains ont notamment reçu une courte décharge électrique sur le dos de leur main, tout en regardant l’image de quelqu’un de connaissance recevant le stimulus douloureux .

Dans les deux cas, ils ont été examinés par IRMf.

Résultats

Dans la première expérience où seul le placebo a été administré, 53 personnes ont été soumises à une vraie douleur et 49 personnes à une fausse. Le placebo analgésique a réduit la douleur de tous les participants, ainsi que le déplaisir ressenti lors de la vision d’autres ayant mal. Dans le même temps, les résultats des IRMf ont montré que le réseau cérébral qui prend en charge la douleur est moins actif pour les douleurs imaginées que pour les réelles. La vraie médication a inversé les effets du placebo analgésique sur la douleur ressentie par les individus et sur l’empathie à la douleur, chacun des effets au même niveau.
Cela confirme que les effets des prétendus antidouleurs peuvent être inversés de la même façon que ceux des vrais.

Explorer encore le processus d’empathie

Ces résultats sont, de même, cohérents avec la théorie qui postule que l’empathie à la douleur est le résultat d’un processus qui conduit notre cerveau à simuler les ressentis d’une autre personne. Cette recherche pourrait être utile pour aller plus loin et explorer le phénomène d’empathie dans d’autres contextes. Par exemple, les scientifiques suggèrent de regarder si la douleur ressentie dans d’autres circonstances, mettons le rejet social, est traitée de la même matière. L’étude procure ainsi une occasion nouvelle pour examiner les sentiments de douleur et d’empathie, en menant ces deux expériences.

Une autre possibilité serait que la prise d’antidouleurs pourrait avoir un effet négatif sur l’empathie à la douleur, mais ce point demande plus d’investigation. Un moyen d’en savoir plus serait de comparer les résultats de la partie de l’étude utilisant les placebos analgésiques avec une autre, impliquant de vrais antidouleurs.

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