MGF : Les couteaux de l’horreur

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Aujourd’hui, 06 février 2018, est la Journée de lutte contre les Mutilations Génitales Féminines, et particulièrement l’excision dont le Mali, notre pays, est, très malheureusement, le champion en Afrique et dans le monde. Des esprits totalement tordus et profondément moyenâgeux s’attachent, en ce 21ème siècle, à mettre l’excision au compte des « valeurs culturelles » de Maliba. Les arguties qu’ils développent ne résistent à aucune analyse scientifique. C’est pourquoi l’excision et l’ensemble des MGF doivent être combattues avec la dernière énergie et politiquement.

Point n’est besoin, ici, de revenir sur les arguties des partisans des MGF, particulièrement de l’excision. Celles-ci sont fondées sur un profond mépris pour la femme et une volonté à peine voilée de l’asservir, sa vie durant, et d’en faire un pur objet de plaisir pour l’homme. Si l’on s’en tient à cette théorie de la Création, nous sommes tous nés d’une Femme non excisée et nous ne nous en portons que trop bien. Aucune ville du Sud du Mali n’a jamais atteint et ne pourra jamais atteindre le degré de foi des Tombouctiens et les connaissances de leurs érudits en Islam.

Donc c’est un mensonge éhonté de soutenir que c’est la religion musulmane qui prescrit l’excision. Sans compter que la femme non excisée est, dans nos sociétés, l’objet du plus grand mépris. C’est donc dans la tête des femmes qu’il faut faire un lavage de cerveau même si cela ne suffirait pas à cause de la mainmise des hommes sur elles. L’excision a aussi la vie dure parce que 99,99% de la population n’a jamais assisté à l’excision d’une petite fille.

Certes le Mali, en créant le Programme National de Lutte contre l’Excision s’est beaucoup investi dans la sensibilisation grâce à sa première Directrice Mme Kéïta Joséphine. Cependant, c’est une décision politique qui peut changer le cours des choses en matière d’excision. C’est dommage qu’aucun de ceux qui se présentent comme des leaders religieux n’a le courage de dire la vérité et d’enclencher ainsi un mouvement de rejet de l’excision. Car si quelqu’un comme Ousmane Madani Haïdara déclarait que cette pratique n’est pas obligatoire, alors les femmes pourraient se sauver d’une situation qui porte gravement atteinte à leurs droits et à leur corps.

En effet, les populations sont loin d’imaginer les souffrances physiques et psychiques qu’endurent des millions de femmes excisées, souffrances que beaucoup emporteront dans leurs tombes après avoir été rejetées par leurs maris. C’est le lieu de féliciter le Professeur Tembély qui soigne à l’Hôpital du Point G des centaines de femmes fistuleuse victimes de l’excision. Certes de nombreuses exciseuses qui vivent de le cette pratique ont abandonné le fameux couteau d’excision, le couteau de l’horreur, au profit d’un travail plus rémunérateur mais cela est loin de constituer une avancée sérieuse dans l’abandon de l’excision. En effet, aux dires de certaines exciseuses, des hommes payeraient jusqu’à 600.000 FCFA pour obtenir un clitoris qu’ils utiliseraient comme aphrodisiaque ou mieux comme grigri pour s’enrichir.

Après plusieurs décennies de sensibilisation, il est grand temps de monter d’un niveau pour lutter contre l’excision. C’est très peu probable compte tenu du fait que notre société est encore très rétrograde et engluée dans un Islam moyenâgeux. Il faut donc compter sur le temps pour sauver les millions de petites filles d’une des pratiques qui portent le plus atteinte à l’intégrité physique des femmes. Car il ne fait aucun doute que l’excision et les autres MGF sont condamnées à disparaître pour le bien des femmes du monde.



MGF : Les couteaux de l’horreur

Point n’est besoin, ici, de revenir sur les arguties des partisans des MGF, particulièrement de l’excision. Celles-ci sont fondées sur un profond mépris pour la femme et une volonté à peine voilée de l’asservir, sa vie durant, et d’en faire un pur objet de plaisir pour l’homme.



maliweb.net – Mutilations génitales féminines : Le taux de prévalence de l’excision stagne à 91% au Mali

Journée de mobilisation contre l’excision. Le 6 février de chaque année est consacré dans de nombreux pays à la lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF). Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 200 millions de femmes sont victimes de cette pratique.





Mutilations sexuelles féminines

Les mutilations sexuelles féminines sont des interventions qui altèrent ou lèsent intentionnellement les organes génitaux externes de la femme pour des raisons non médicales.



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