Syrie : USA, France, Grande-Bretagne frappent...

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© Bruno Tertrais | atlantico 14 Avril 2018

Même pas peur… L’Occident a-t-il perdu son pouvoir de dissuasion ?.

Pour Emmanuel Macron, qui s’est avancé publiquement sur cette affaire très fortement et très tôt, dès l’été 2017. Engagement qu’il a confirmé à plusieurs reprises depuis lors. Ce qui est en jeu, c’est rien moins que la détermination des pays occidentaux à tenir leur parole dans un monde dans lequel les rapports de forces sont, encore plus qu’à l’accoutumée, l’élément déterminant des relations internationales.

  • La détermination des dirigeants français sur ce dossier est d’autant plus forte que leur inaction a été critiquée ces derniers mois lors d’attaques chimiques de plus faible ampleur.

En fait, Français et Américains s’étaient entendus pour n’agir que dans le cas d’une attaque chimique caractérisée contre la population civile, et à caractère létal. Mais on ne l’a su publiquement qu’au mois de février. Ce n’est pas, contrairement à ce que je lis parfois ici ou là, une manière de « sauver la face ». Il semble qu’en 2017 – c’était ce que des témoignages directs avaient rapporté – les photos des victimes de Khan Sheykhoun avaient été très émouvantes.

  • Rappelons tout de même que la motivation principale des dirigeants occidentaux sur ce sujet, c’est d’essayer de mettre un terme à l’horreur chimique. En d’autres termes, si l’adversaire décide de relever le défi parce qu’il estime que vous bluffez, et que vous ne réagissez pas, votre capacité à l’impressionner, et à en impressionner d’autres, va nécessairement diminuer.

Cette question que les politistes appellent celle de la réputation a été très discutée ces dernières années. Qui se pratique tout en finesse, car elle suscite de nombreux dilemmes qu’il faut gérer au mieux.

Comment peut-on évaluer la crédibilité de la parole des États-Unis sur ces questions comparativement à celle des européens ?

Il y avait eu un vrai choc à l’été 2013, car le retournement d’Obama était inattendu et surtout, s’inscrivait dans le contexte plus général d’une perte de crédibilité de la protection américaine. Tout en refusant d’entrer en confrontation avec la Russie ou de procéder à une opération dite de « changement de régime ».

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