Cédric Villani : « Je n’ai pas peur de la singularité technologique »

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Le député de l’Essonne et mathématicien Cédric Villani dévoile jeudi 29 mars son rapport parlementaire sur l’intelligence artificielle, fruit d’un long travail de consultation auprès d’experts, d’entrepreneurs, de politiques et de citoyens.


Au menu, une volonté affirmée de faire de la France et de l’Europe une place forte de l’IA, moyennant un investissement dans la recherche et une politique de mise en commun des données, sous la tutelle et la protection de l’État. Au début, quand on a commencé à travailler, j’avais en tête une définition assez technique. Certains diront « si efficace qu’on pourrait croire qu’il faut un humain pour faire ce travail »… Après, je pense que la définition de l’IA reste subjective et évolutive.

L’informatique, par exemple, a été utilisée pour faire des calculs complexes sur des choses dont on maîtrisait la théorie – sa première application étant la résolution d’équations différentielles.

« Beaucoup des recommandations formulées sont destinées à l’État pour lui permettre de se positionner comme protecteur et facilitateur de la transition »

C’est aussi un État mieux informé et qui protège le citoyen contre la malversation d’un acteur privé incontrôlable ou contre telle politique menée sur autre continent.

  • Est-ce qu’on a vraiment besoin d’un État fort pour faire contrepoids face aux acteurs privés de la Silicon Valley ?

Pour moi, c’est impossible de faire ça sans l’État. Il faudrait au moins que ces talents aient le choix, que des échanges puissent se mettre en place pour que ça ne fonctionne pas dans un seul sens. Moi-même, je suis allé travaillé aux Etats-Unis, à Berkeley et c’était une expérience très enrichissante. Pour l’instant, la politique économique est plutôt libérale, avec l’idée de réduire les contraintes, d’accorder pas mal de place à l’investissement privé et d’inciter les investissements privés en modifiant la politique fiscale – je pense notamment à la flat tax et à la disparition de l’ISF.

Vous voyez que quand il s’agit de sujets régaliens, l’État n’hésite pas à dépenser des sommes considérables. Or l’IA est un domaine dans lequel la notion de souveraineté est centrale, du point de vue de la recherche comme de celui des applications. Et je suis certain qu’en haut lieu, cette idée a été bien comprise et qu’il y a la volonté d’agir, en particulier sur la question des données. Il s’agit de ne pas se faire aspirer tous nos cerveaux et toutes nos données !

  • J’insiste, mais la tendance n’est pas du tout à la hausse des crédits pour la recherche…


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